Samedi 22 décembre 2007
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Intervention du groupe communiste
lors du Conseil Municipal de Novembre
Madame le Maire et chers collègues,
L’élaboration du Schéma directeur de la région Ile-de-France est un acte important pour aujourd’hui et pour demain. C’est plus de trois mois de travaux , de concertations entre tous les partenaires
concernés, les collectivités territoriales, les services de l’état.
Nous voulons réaffirmer, aujourd’hui, le rôle premier du SDRIF pour le développement solidaire de notre région envers toutes les populations.
Y participer, c’est se projeter à 25 ou 30 ans sur l’ensemble de cette région où les grandes inégalités sociales et territoriales qui s’aggravent entre les départements d’Ile de France nous
concernent tous (chiffres de l’IAURIF). Cette situation invite à repenser la relation entre les exigences du développement économique et les solidarités sociales, les défis de la crise climatique
et énergétique.
Vous nous proposez, Madame le Maire, d’émettre un avis défavorable au projet de SDRIF, voté le 15 février de cette année par le Conseil régional d’Ile-de-France, comme les trois départements
gérés par la droite. Tous vos arguments n’ont qu’un but, celui de s’opposer à un juste rééquilibrage régional Est/Ouest et la volonté d’inscrire la région dans la mondialisation libérale avec son
cortège d’inégalités. C’est également la vision de Nicolas Sarkozy et du MEDEF
Le président de la République se comportant comme le superpréfet de l’Ile de France ainsi que le gouvernement ont d’abord tenté de remettre en cause le SDRIF en exigeant la suspension de la
procédure d’enquête publique.
Lors de son discours de Roissy, Nicolas Sarkozy avait demandé, le 26 juin dernier, à la Région de « remettre son ouvrage sur le métier et de différer l’enquête publique » et soulignait que c’est à
l’Etat de prendre en main le devenir de la région.
François Fillon, Premier ministre a demandé dans la foulée au président du Conseil régional, début juillet, de stopper l’enquête publique annoncée pour l’automne.
Faute d’avoir pu imposer son diktat, l’Etat a ensuite émis un avis défavorable sur le projet de SDRIF avec un document à charge totalement unilatéral pour tenter de le mettre en échec. Il y dénonce
un prétendu manque de concertation, il y accumule des observations contradictoires ou de détail et cherche à en contester la validité juridique.
Au contraire,le groupe communiste porte une appréciation positive sur le projet de SDRIF parce que le document nous semble dégager des axes stratégiques de long terme qui donnent une réelle
cohérence à l’aménagement de la région.
_ La volonté de lutter contre toutes les ségrégations en prenant en compte l’attraction et le rayonnement de la région adossés aux solidarités sociales,
_La construction de 60 000 logements par an pour 30% de logements sociaux qui doivent notamment concerner les villes situées en dessous des 20%, de logements sociaux.
_ Le développement de transports collectifs selon des normes de développement durable, transports collectifs qui auront des effets majeurs au regard des enjeux de mobilité et de crise climatique et
énergétique.
Cette ambition pour la région peut être partagée pour notre département, et notre ville qui demeurent marqués par les inégalités sociales et spatiales.
Et notre ville aussi doit s’inscrire dans un projet qui peut permettre de s’attaquer à ces inégalités et avoir des priorités de justice sociale. Mais bien entendu, cette politique vous dérange.
Ainsi, en matière de logement, le SDRIF prévoit la construction de 8 600 logements par an dans notre département, pour que nous arrivions à l’horizon 2030 à un taux de 34% de logements sociaux.
Ce taux est bien entendu global, il nous appartient dans le département de tenir compte de la réalité actuelle, du taux de logement social, commune par commune, des communes qui ne respectent pas
les 20% prévus par la loi SRU, et que ce soit celles-ci en priorité qui remplissent leur devoir de solidarité, permettant aux salariés, et aux habitants de se loger dignement. Elles sont 15, toutes
dirigées par des majorités de droite.
Ce ne sont pas des logements PLS qu’il faut construire , mais des logements qui sont accessibles pour la majorité des salariés .
Si la ville de Colombes atteint les 30% de logements sociaux, ce n’est pas bien entendu de votre fait, mais de la politique d’avant 2001, de la municipalité de Dominique Frelaut qui a répondu
à une crise du logement et aux besoins de la population.
Vous déplorez la densification programmée dans le SDRIF, des quartiers du Centre ville, Petit Colombes, Europe qui affecterait soit disant la zone pavillonnaire.
Les Colombiens constatent votre bétonnage, les préemptions dans la zone pavillonnaire et les périmètres d’étude et pour l’instant, c’est vous qui densifiez.
Ainsi sur les questions de transports, vous déplorez que le projet de schéma directeur ne tient pas compte de la variante du T1 que vous avez proposée mais qui ne satisfait pas les autres villes du
département.
Nous continuons de penser qu’il faut privilégier les transports en commun.
Toutefois nous restons très inquiets sur les financements des transports en commun y compris pour les projets en cours car moins de la moitié des crédits inscrits au volet transport du contrat de
plan ont été engagés. Cela risque de se solder par le pur et simple report des projets prévus dans l’actuel plan. Il manque 140 millions d’euros de crédits d’Etat au budget 2007 pour financer
la part Etat des projets de tramways et transports en site propre en Ile-de-France.
Il manque 100 autres millions d’Euros des mêmes crédits pour financer la part Etat des projets d’amélioration de pôles gares et axe de bus en Ile-de-France.
Le développement durable, affiché comme une volonté nationale, passe aussi par le développement des services de transports collectifs en particulier, des services publics en général.
Concernant l’autre point, le plan de renouveau du quartier d’affaires de la Défense, nous convenons que ce secteur mérite une grande attention, surtout lorsque l’on mesure la fragilité du secteur
tertiaire ainsi que la saturation des infrastructures de transports dans ce secteur. Si ce secteur a réellement besoin d’être modernisé, un nouveau développement des bureaux qui occupent déjà 3 000
000 m_ aggraverait une situation déjà tendue.
Là encore le logement est essentiel et doit répondre aux besoins générés par le développement de ce centre d’affaires.
La question de la cohérence avec les territoires proches de la Défense, la concertation avec tous les acteurs reste déterminante.
Nous souhaitons que dans le SDRIF soit réaffirmée la volonté de renforcer les actions de coopération entre les départements de la Région avec la Ville de Paris et plus de coopération sur les grands
dossiers d’aménagement d’intérêt commun.contrairement à la communication présidentielle autour du « grand Paris »
Ce projet de SDRIF marque la détermination de dépasser les logiques de concurrence entre territoires et de travailler, ensemble, sur un projet de développement plus solidaire
Ce projet donne les repères essentiels et ambitieux en matière d’emploi, d’habitat, de transports, de grands équipements pour une région solidaire. Il peut être ainsi un véritable point d’appui
pour toutes celles et ceux qui veulent donner du souffle aux politiques publiques.
Il demande des investissements publics majeurs.
Sur un tel dossier, avec tant d’enjeux pour la vie des plus de 11 millions d’habitants de notre Région, cet affrontement entre les conceptions du développement de l’Ile de France ne peut laisser à
l’écart les citoyens qui portent de l’intérêt à la chose publique, à l’intérêt général
Compte tenu de ces observations, sur développement économique et solidarité nationale, sur la nécessité d’une concertation à plus grande échelle avec les citoyens
le groupe communiste se déclare favorable au projet de SDRIF, et votera contre votre délibération.
Par PCF
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